Aleksandra Mir

A Voyage Towards South Pole

By Aleksandra Mir
oceans.taraexpeditions.org, 2014

I participated in Pierre Huyghes 2005 expedition to Antarctica on board Tara 5 as a friend. Pierre did not give me any role and I was not a formal collaborator on his project where he had also invited a film crew and worked towards his search for a white penguin. I was completely free to just enjoy and experience the journey on my own terms and not produce any work. This was Pierre’s genius and generosity.

But as I am an artist and the journey was very long, I made my own modest and spontaneous gestures not to intrude on his production, and more importantly perhaps, kept a written log of all the conversations on board. The format of writing was inspired by the formal log book the Captain is always keeping where they note the technical data about a journey, for security and legal reasons alone.

My log book was not concerned with technical data, but with the dialogue between the 17 extremely different people, of different gender, culture, age, experience, authority, professional and existential purpose who had come together on this journey. We were The Sailors and The Artists and several odd characters in between, such as The Doctor, The Guide and The Captain, sharing a very intimate space far away from civilization for several weeks.

Our dialogue reflects on the daily activity of the boat, the sensations we had moving through the shifting landscape of water and ice, the extraordinary wildlife that surrounded us, as well as the sexual and professional tensions that were never fully acted out as we could never afford arguments or anarchy, but instead gently repressed under a blanket of hard jokes. After a stormy night where The Sailors struggled with sails that were tearing apart in the wind while the artists were hiding in their bunks, one Sailor questioned the artists’ function on board, to which an Artist responded ‘We are the vehicle of Civilization’. Eventually the roles were swapped as the sailors started making art and the artists eventually learned how to be useful on board.

At the end of the journey I printed my log with illustrations in a at a Xerox shop in Ushuaia and gave everyone a copy. I know it was very much appreciated, a shared diary of sorts.

You can read the whole logbook here

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J’ai participé à l’expédition Tara Antarctique en 2005 en tant qu’amie de Pierre Huygues. Pierre ne m’a pas donné de rôle défini, et je n’étais pas une collaboratrice officielle sur son projet. Il avait aussi invité une équipe de tournage qui a travaillé avec lui à la recherche d’un pingouin blanc. J’étais donc complètement libre de profiter de l’expérience du voyage tout simplement, comme je voulais, sans avoir à faire un travail précis. Ce fut le génie et la générosité de Pierre.

Mais comme je suis une artiste et que le voyage était très long, j’ai spontanément ressenti l’envie d’apporter ma propre contribution, quoique modeste, en veillant à ne pas empiéter sur son travail. Plus important peut-être encore, j’ai gardé une trace écrite de toutes les conversations à bord. Le format de mon écriture était inspiré du journal de bord officiel du capitaine, où il note toutes les données techniques d’un voyage pour des raisons de sécurité, mais aussi juridiques.

Mon journal de bord ne portait pas sur des données techniques, mais reflétait le dialogue entre les 17 personnes foncièrement différentes – de différent sexe, culture, âge, expérience, autorité, profession et objectif existentiel – qui co-habitaient pendant ce voyage. Parmi nous, figuraient Les Marins et Les Artistes, et quelques autres personnages singuliers, comme Le Médecin, Le Guide et Le Capitaine.

Notre dialogue est source d’une réflexion sur l’activité quotidienne à bord du bateau, sur les sensations que suscitaient ces paysages changeants d’eau et de glace, sur la faune extraordinaire qui nous entourait, ainsi que sur les tensions sexuelles et professionnelles qui n’ont jamais été pleinement exprimées, mais doucement réprimées sous une couverture de plaisanteries grinçantes, puisque nous ne pouvions pas nous permettre de laisser les disputes et l’anarchie nous envahir. Après une nuit de tempête quand les marins luttaient avec des voiles qui se déchiraient dans le vent, tandis que les Artistes se cachaient dans leurs couchettes, un Marin a posé la question de la fonction des Artistes à bord. Un Artiste a répondu «Nous sommes le véhicule de la Civilisation». Finalement, les rôles ont été échangés car les marins ont commencé à faire de l’art et les artistes ont appris finalement à être utile à bord.

A la fin du voyage, j’ai imprimé mon journal avec des illustrations dans un magasin de photocopies à Ushuaia, et j’ai donné à chacun une copie. Je sais que ce geste a été très apprécié, une sorte de journal intime partagé.

Vous pouvez consulter l’ensemble du journal de bord en cliquant ici